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NEWS DE CALAIS par MARGO CHOU

"L’être entier est en éveil, ou alors dans un état de sommeil somnambulique qui le propulse dans le pire des cauchemars" Ernst Jünger



Quitte ou double (encore faut-il pouvoir doubler...)

A Calais là, Il y a eu Juppé, comme il y avait eu Cazeneuve, l’Ofpra, Valls, Trierweiler… avec leurs petits mots de campagne et leurs petites bottes de campagne sans pénétrer réellement les maisons autonomes.
Il y a eu les unes des journaux locaux qui citent sans savoir les No-Borders comme les démons faisant du mal aux migrants. Ils défoncent les No-Borders comme ils défoncent les zadistes et les anarcho-autonomes d'un temps.
Il y a eu la statut de De Gaulle qui aurait pu se faire tatouer la bite mais c’est sur la statut de son ventre qu’il y a eu un ridicule« Nik la France » d’inscrit en rouge, disparu dans l’heure et qui a beaucoup fait causé comme si c’était important réellement, d’en faire des caisses sur le sujet.
Il y a eu la manifestation des commerçants, entrepreneurs qui flippent de leur chiffre en baisse magistrale.
Il y a eu ce que je vois de ma chambre : des centaines de camions flics qui tournent à droite au rond-point la journée et le soir des dizaines de grappes d'hommes qui tournent à gauche, marchent pour rejoindre le point stratégique de passage miracle mirage et qu’on revoit sur le retour quelques heures plus tard.
Il y a eu le chauffeur de bus en double conviction, dualité terrible.


Les mecs d’I-TV et du Figaro dégoutés, qui avaient été contacté par le service Com de Juppé et qui n’ont pas pu rentrer dans les espaces réservés, ce qui a amoindri leur sujet. Il y a eu ce même figaro qui a fait un chantage public et mon oreille trainait « J’aurai pu vous aider, j’ai fait le déplacement tu ne me laisses même pas rentrer, mais on est le figaro nous, on est le figaro, tu fais n’importe quoi, on aurait pu vous aider (pour les primaires) ».
Il y a eu rendu public le décès d'un jeune homme de 15 ans étouffé dans un camion.
Il y a eu un dîner avec Philippe, du blog passeur d’hospitalité.
Il y a eu la caissière marrante flippée de Dia qu’en peut plus qu’a peur.
Il y a eu Dominique, le volleyeur anglais qui pourrait être CRS parce que ça lui semble reposant et qui avait sa carte à l’Auberge des migrants.
Il y a eu tout un foin sur le mec fasho et son père au fusil 



Et il y a seulement des milliers de mecs qui putain s’emmerdent à jouer le quotidien parce qu’on les cloisonne.
Il y a eu qu'on a dansé dans la jungle sur des clips Bollywood pakistanais dans le restau des "3 idiots" 2 midis de suite.
Il y a eu la dizaine d'ados afghans qui s’amusaient sous le dôme théâtre à faire les Yamakasi sur des tas de tables toutes pourries comme dans toutes les poussières des ghettos du monde où l’on s’amuse de rien et de ce qu’on a et que la joie s’oblige d’elle-même comme réchaud


Les keufs CRS aux abords de l’espace, impasse de 40km2, l’humanitaire en continue, les pelleteuses tractopelles qui ratissent l’espace, et les containers qui annoncent la concentration encore plus rapprochée…
Il y a les nombreuses librairies, shop de vélos, restaurants, espaces collectifs pour recharger son téléphone avec YouTube qui sauvent les âmes, les coiffeurs, épicerie, fruits et légumes, centre d’informations, cours de français, les anglais qui construisent en continue
Il y a...
Il n’y a plus de fonction

Il y a eu cavale physique, il y a tétanie et cavale mentale, refuge ...
Il y a... et qu'en tension, les cavales et derniers fusibles s'animent ...




M
A
R
G
O


xxx

Sans objectif précis

Sur le rebord des places, les bistrots s’éclaireront de poésie et de musique
Tout autour de la place, de l'information, réelle et urgente
Sans gouverneurs dans l'information
Les écrans expliqueront la vitesse qu'on ne contrôle plus
De sa niche du quartier dans le monde à l'univers des mondes
On sortira de son habitat pour habiter le quartier et en prendre soin
Et dans le même temps, ils iront chanter dans les commerces en bordure de la place
Des boules à facettes déborderont sur les trottoirs
Et vers le ciel, en rayon laser, des nouvelles étoiles
Ils iront calme, clamer, déclamer leurs maux actuels, leurs prises de consciences en état de choc permanent
Pour s'exprimer,Ils se serviront des sas existants de cette société urbanisée
Tout se dessinera sur les parvis des banques, des institutions, des commerces et des espaces vides séquestrés
Dans les files flics d'attentes, ils s'immoleront de mots qui crieront pour ne pas foutre feu et péter les plombs d'impuissance
Les langues se seront déliées puis partagées
Dans les files flics d'attentes de l'état, ils refuseront de se faire avoir et feront les derviches tourneurs contagieux
Dans les urgences hospitalières, pour oublier l'attente et les dysfonctionnements, ils raconteront aux internes employés mous des soirs des histoires qui éveillent
Les histoires de Drago, Lula, Claudine, Dusana et de Yassine
Des rêves propulsés ramenant petit à petit la vie
Et ne pas se ronger, de trop prêt
Dans les ghettos et dans les bus des ghettos, il y aura des lignes, et encore plus
Des chansons feront fondre les grandes entreprises inutiles
Des chansons feront des poumons aux grandes entreprises inutiles
Et le personnel peureux se fera piqué dans l'âme enfoui de ces creux
Loin de leur conception initiale
Dans leurs entres, ils se surprendront

Et tous ça se fera sans argent

Nous irons danser dans les bars qui ne dansent pas et sur les places achevées sans considération aucune des années de vies, d’essence et d'effluves des naissances

Nous continuerons en troubadours comme dans les sociétés féodales

Sans objectifs précis, il faudra purifier les espaces économiques en leur marchant dessus et à cloche pied, appuyer le talon par moment, piétiner,et souvent, en sautillant comme on sautillait il y a quelques années sur les parquets et les espaces de fêtes qui avaient été conçues maintenant clos

Certains, en parallèle de leurs espaces autonomes, caves, punks, squats avaient senti l'urgence d'en sortir par moment et de mettre tout dehors et visible d'étaler tout dehors sans urgence avant l'urgence

Tout se réinventeraient dans ces espaces enfermés contrôlés
Ceux qui l'étaient déjà et ceux qui le deviendraient bientôt

Une danse va bientôt se dessiner dehors et d'avantage sans attendre d'avantage de carnages
Un mouvement va se propager sur le bitume des rencontres avant les prochaines morts
Et chacun s'inventera sa fête en parallèle d' autres fêtes dépressives explosives

Les déambulations de foule devront être sans prétexte, sans revendication, sans objectif
Mais être : D'être et d'exister sans candidature au monde
Exister avant les carnages
Anticiper et être déjà en place sur la place
En parallèle de son bout de boulot
En parallèle de son bout de maison
en parallèle de son bout d'espace spécialisé chaleureusement confectionné pour être au chaud avec soi

En parallèle de tout ça, ils accorderont du temps pour se retrouver
sans objectifs précis et vivre

Parce que la nature n'a rien demandé




M
A
R
G
O

xxx

LA FÊTE vue par MARGO CHOU

a fête

Choisissez votre place, n’hésitez pas
Recherche confortable
On choisis sa place
On change de sa place
On va ailleurs
Qu’est ce qui nous fait venir ?
Il y en a toujours qui arrivent,
Et d’autres qui repartent
Et nous passons
Faisons que passer
Un peu comme partout
Recherche confortable
A travers le pas du silence
On choisis sa place
On change de sa place
On va ailleurs
Qu’est ce qui vous a fait venir ?
La fête, la fête, rassemblement, Vie, salon, survie, ataraxie, mort, vivant, rêve, entre, entre deux
Combien de temps durant
Qu’est ce qu’on s’imagine
Comment
Décontraction des natures
Un instant
OK
Nos tremblements internes
N’indiquent t’ils pas quelques pistes
Nous sommes des DIABLES
Prêts à Vomir
Nous sommes des DIABLES
Mais tout le monde l’oubli
Nous sommes des DIABLES
Prêts à croquer
Les chairs imparables
Vicieuses et froides
Il faut de la Joie
Il faut de la joie
Il faut de la joie
Qui coulent dans nos veines
S’endormir en sachant
Que la fête est précise
S’endormir en sachant
Que la fête est permise
Et de mise
A s’en remettre à ces rendez-vous.
Il faudrait encore la définir
En de terme commun cette fête
Rassurante exubérante que tu es
Maintenant tu es fête
Nous sommes fêtes
Fruit d’un rapport sexuel
Tu es bête
Fête
Chacun d’entre nous est fête
Chacun arrive avec sa fête personnelle
Et l’envoie
Au plus loin de lui
S’en débarrasse
Comme le coup de foutre ce jour de Sainte conception
Nous sommes tous des petites cellules
Et nous rentrons dans un même corps
Qui aujourd’hui nous rassemble
Massons nos nombrils
Le cordon n’est plus
Et depuis notre naissance
Est ce ainsi que nous continuerons de vivre
Est ce ainsi que nous continuerons de vivre
Est ce ainsi que nous continuerons de vivre
Je tue l’humanité
Mais je ne nous tue pas
Je ne me permettrai pas
Parce que je presque nous aime
De pitié consciente
Lointaine et Gentille.
Une empathie de passage
Me frôle régulièrement
Incapable de mentir
J’euphorise puis tétanise
Hibernation sans glaçon
Bain dérivatif
De derviche tourneur
Oh seigneur !
Vous serez tous fête
Ou alors vous l’avez été
Où elle est en vous
Elle est quelque part
Vous frôle
Et n’en voulez pas …
A quoi servent tous ces vibros ?
Tous ces nouveaux objets
Conçus pendant les révolutions grecques
Pour compenser ces hommes en viré
DILI ma fille
DILO mon père
Et toutes ces familles
Qui courent après l’image de se garder
Se sentir debout
Dans un état face à l’Etat
C’est ça !!!
La fête est et sera une transformation de toutes les angoisses
La fête est le remue ménage dans le ventre
La fête est le frottement des forces internes
Déballées lala en chantant là
La fête est une chance
Saccage moral à saccager
Purge affectée
Façonnage de rencontres in-attribuées
Tant mieux !
Pourquoi es tu venu ?
Pourquoi êtes vous venus la ?
Décontraction
Nous ne rentrerons pas dans les sentiments
Je ne rentre plus dans les sentiments
Nous acceptons ce que nous ne savons pas
Et nous marchons dessus
Charlatan de notre présence
Il y a des pays sans musées et sans spectacles
Il y a des terres où l’on n’imprime pas
Il y a des pays ou l’on fuit
Pour vivre
Pour rester
Et rester sans vivre


M
A
R
G
O

xxx

DIALOGUE OFF-SHORE OF ARMADADA SETE

ARMADADA avec Entre autre SUGAR & TIGER / WAMPAS