La règle du hors jeu // camarade jérominus

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La règle du hors jeu
(épisode 1)




Je pensais être l'homme du match / Mais ils m'ont élu l'homme du mal. Rim'k
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Le type veut que je me rase. Il me dit que j'incarne la noble image du 87. 87 comme haute vienne, limousin, france d'en bas. Me voici distributeur de journaux gratis. A cause de ma dégaine, ils me collent le territoire le plus lugubre et le plus violent. Je me retrouve à arpenter les rues d'une cité sauvage. Les gonz' qui vivent ici sont très en colère, et, si j'incarne l'image du 87, j'incarne aussi celle du petit blanc raté devenu laquais des autres blancs, des collons et des patrons. Bref, ils ont envie de me cracher à la gueule. Très pauvres quartiers poubelles, noyés par les ordures, tandis que les banquiers, tandis que les pdg, tandis que les psychiatres. Il faut bien vivre. Vendre du shit, c'est tout de même plus noble que de sucer des queues. Je n'ai rien contre les putes, non, du moins celles qui s'assument. Je bosse cinq ou six heures chaque jour, et chaque jour on refuse de m'ouvrir, on me vise avec des boules de pétanques, les chiens veulent mordre dans le nonos. Oui la colère gronde. Quartier abandonné par la république des chiennes. Ces gosses mûrissent plus vite que les autres, deviennent aussi souvent plus violents. Il y a cette femme de la tour C. Une noire avec des seins ça comme, ça commence à me titiller. Il y a ce type qui mollarde sur mon passage. Penser à s'armer. Il pleut tout le temps, et je rentre avec mon slip et mes chaussettes trempés. Comme à la fin d'une partie de foot. Gatuso disait qu'un match de foot, ça se joue le soir, l'hiver, et sous la pluie. Mais là il ne s'agit pas d'un putain de match. Les carreaux, moi, l'esclave, j'irai les casser. Donc je glisse des annonces pour le mariage et des annonces pour les bagnoles d'occaz' et des pubs pour se faire belle sous les aisselles dans les boites aux lettres et le cul des pauvres. A la cité ils ne m'acceptent pas. Il me trouve clodo, à claudiquer ainsi entre les flaques d'eau et les flaques de pisse. Ils n'aiment pas les pauvres pas comme eux, les pauvres des quartiers riches, les habitants des caves et des greniers des belles maisons. Je suis avec cette fille, Sophie. En fait je ne suis pas avec elle. Je suis contre elle, contre son corps et lové contre sa lame. Elle me broie, elle me boit, elle me recrache. J'ai l'air de quoi avec mon petit caddie, sous les trombes d'eau. J'ai l'air de quoi avec cette fille qui mate la braguette de tous les autres types. Le genre salope ça loupe jamais avec moi. Sinon, perso, je ne supporte plus le bruit de cette grue qui détruit l'immeuble d'à côté pour reconstruire un autre immeuble d'à côté. Je deviens acariatre. De toute façon j'ai mauvaise réputation. Je ne vois rien à sauver, non.





Matinée tripes

camarade jérominus




VOS VENTRES SONT DES POURISSOIRS

(Benoit Damon)






Se lever le matin, mais juste pour pisser. J'essuie Charlie et je tire la chasse. Le ciel bave, il blèche. Ma seule lave est ce café trop sucré dans lequel je trempe trois clopes. Je lance TRES PUNTOS sur l'ordi et me gratte les parties intimes. Bardamu, ma chatte rousse et blanche tigrée hyper sensuelle froufroute contre mon mollet sec. Je ne me drogue même plus. Vie de cernes. Il va falloir trouver quoi faire. Je n'écris presque plus. Pustule à l'oreille, la pendule rote, en route. J'achète un pain au chocolat tout chaud à la petite boulangère super hot dont je donnerais un bras, (le gauche au moins), pour humer le Charlie. Comme je le disais sardoniquement à Cami, seul le grand amour et ses positions couchées donnent accès aux puanteurs excrémentiels de l'autre, avantages majestueux de la passion et des grands sentiments... C'est tout, c'est trou, tout se résume à çà. Bander, gicler, puis crever. Ma crève ne me quitte plus, elle m'aime grave, j'ai le nez qui mousse mouille. Guillaume le barman me raconte l'ambiance d'hier soir au vélodrome, ou il est allé voir l'OM perdre. Cependant, ça coûte cher d'aller voir l'OM perdre, et puis son récit est classe, genre vive la bière et la baston et vive le cul. Un tour au marché de la Plaine. Les noirs et les arabes puent moins fort, les blanches sont sales et les blancs sont cons, consonne F, voyelle O, consonne K. Je mate les séans prometteurs de ces océans de sel qui m'égorgent le ventre. Debout, debout, jusqu'à l'ultime vautre. Ensuite je prends mon second café à côté d'un papy pompon à accent acrimonieux, laisse la monnaie au barman. Toujours çà que les pauvres n'auront pas. 1, 2, 3, le soleil commence à chauffer. Jusqu'à la faucheuse je ferai les mêmes tours de cul le matin. Je passe à l'Odeur du temps voir mon libraire fétiche alias camarade Julien. Il me parle d'Angelica Liddell qui s'est fait cracher dessus par les bobos marseillais (ça porte bonheur). Longue vie à toi Angelica... Ou bien courte si tu préfères, je comprendrais. Camarade Julien me parle ensuite de Benoit Damon, de sa farine éclairée comme une nuit de pleine lune. Stendhalisé par une citation de la belle espagnole, (l'amour est une compétition de fossoyeurs), je remonte préfecture entre deux étirements assez footeux, j'achète ma mousse de canard quotidienne, amen, et ma baguette blanche. Je me mets à table, ou plus précisément au sol, je bouffe par terre, un atavisme insoluble et inéluctable, je partage ma merde avec mon cat affreusement charmant. Cet aprèm', je changerai de circuit. Ce soir j'irai danser le ska avec ma partenaire de rire Cami, ronde comme un coup du foulard de Rony, rousse comme Lucifer en personne, en attendant je jette un dernier bout de mousse à Bardamu. Voilà, la matinée est finie, sans courrier et sans mail de travail. Les éditeurs sont de petits Charlie crottés, des char-limaces sans feu et sans couilles, je me dis, puis je prends mon lexo et gagne ma paillasse ou j'attaque ma sieste quotidienne, amen, en position fœtale. A ++.   




(épisode 2)





Je m'accroche à ce putain de boulot, mais prêt à péter un boulon. Je pense au ballon. Je roule ma bosse dans l'ombre. Je n'ai pas de nouvelles du soleil. Donc il pleut encore et toujours. J'appuie sur toutes les sonnettes, les gens gueulent, mais il y a toujours un mec pour m'ouvrir. Les halls puent la pisse et la misère. Il y a des seringues et des vomissures sur le sol. Comment vivre sans se défoncer. Comment affronter, clean, le lait noir de l'angoisse. Le chef en a marre, il croyait que je sauterais plus vite. Ils ont du parier sur la date de mon burn out. Les matins et les soirs j'écris. Je couvre la page des injures que j'ai retenues dans la journées, mes insultes morte nées contre le scoot qui me frôle sur le trottoir, contre cette connasse qui arrose ma tête en même temps que ses géraniums, contre ce lascar qui crache à dix centimètres de ma godasse. C'est pas le pied. Le pied c'est dans le cul. Avance, trime, triche, tronche de cake. Le chef décide de m'envoyer couvrir le territoire de deux villages de stremons arriérés super escarpés. Il veut avoir ma peau. La peau de Roger P'tite Bite. Je me ferai bien sa boite à caca à coups de cactus. Il a ce sourire quand il me regarde. Préparez le rail, les premiers prendront le train. Vol au dessus d'un nid de charlot. Des esclaves et rien d'autre. Détruire dit-il. J'ai mal aux jambes et aux épaules. Je fume un max de shit pour tenir le coup. Sophie tire avec tout ce qui bout. Elle aime la bite la morue. Ces villages mortifères au fond du trou du cul du Limousin remplis de consanguins racistes et pervers. Leurs tronches de rats, tous déformés, tous misérables. Les inactifs qui se retrouvent ici deviennent fous. Il n'y a rien à faire. Il n'y a rien à voir, Rideau.


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